En deux lignes
Le carburant se paie sans qu'on le voie passer : c'est pour cela qu'il concentre les fuites. Neuf règles le surveillent avec des seuils chiffrés — et trois réglages de carte suffisent à bloquer en station plutôt qu'à constater après coup.
Le carburant est le poste où l'argent part sans que personne ne signe. Pas de bon de commande, pas de validation, pas de facture à relire ligne à ligne — un code tapé à une pompe, et c'est payé. C'est pour cela qu'il concentre l'essentiel des fuites d'une flotte, et pour cela que le module lui consacre sa plus grosse famille de règles.
Empêcher : trois réglages
Les services autorisés. La carte ne doit accepter que ce que le véhicule consomme : gazole sur un diesel, sans-plomb sur une essence. C'est le réglage le plus efficace parce qu'il refuse à la pompe, au lieu de constater un mois plus tard.
Le plafond. Trois champs : une période — Journalière, Mensuel ou Annuel —, une valeur, et une unité, euros ou litres. La période est préremplie : c'est la valeur qu'on oublie, et sans valeur il n'y a pas de plafond. Une carte active sans plafond est la configuration la plus risquée du module.
Le porteur. Une carte rattachée à un véhicule et à un conducteur engage quelqu'un. Une carte sans porteur circule sans que personne n'en réponde — et c'est exactement ce que signale la première règle de la famille.
Un quatrième réglage mérite d'être activé : Odomètre requis pour chaque transaction. Il oblige à saisir le kilométrage à la pompe, ce qui donne des compteurs fiables sans rien demander au gestionnaire — et sans compteurs fiables, la moitié des règles ne peuvent rien comparer.
Constater : les neuf règles et ce qu'elles cherchent
Le plein impossible. Plein carburant supérieur à la capacité du réservoir se déclenche au-delà de 10 % de la capacité. C'est le cas le plus net : on ne met pas soixante-dix litres dans un réservoir de cinquante. Sévérité haute, récapitulatif quotidien.
La carte à deux endroits. Même carte carburant utilisée à deux endroits simultanément — deux lieux différents à moins de soixante minutes d'intervalle. C'est la seule règle du module notifiée en immédiat, et pour cause : elle signale une carte dupliquée ou prêtée.
La facture qui dépasse le réel. Carburant facturé très supérieur à la consommation télématique compare les litres facturés aux litres réellement consommés : au-delà de 30 % d'écart, à partir de quarante litres. C'est la règle la plus difficile à contourner, parce qu'elle confronte deux sources indépendantes.
Les pleins qui se multiplient. Fréquence de pleins doublée sans hausse du kilométrage — plus de 1,8 fois le mois précédent, au moins quatre pleins, sans que les kilomètres suivent. Un véhicule qui fait le plein deux fois plus souvent sans rouler davantage remplit autre chose.
Le prix hors marché. Prix au litre très éloigné du prix de marché — sous 35 % ou au-dessus de 150 % du prix moyen de la flotte, par motorisation, sur quatre-vingt-dix jours. Souvent une erreur de saisie ; parfois un achat qui n'est pas du carburant.
La carte orpheline. Cartes carburant actives — non attribuées et illimitées : active, sans véhicule, sans conducteur, sans plafond. Sévérité haute.
Les trois dernières relèvent plus de l'hygiène que de la fraude, mais ferment des portes : Carburant personnel sur véhicule de société (un avis par véhicule et par mois, pour l'avantage en nature), Carte carburant proche de l'expiration, et Plein saisi plusieurs semaines après la date réelle — au-delà de vingt et un jours, une saisie tardive empêche tout rapprochement.
Ces neuf règles sont le dispositif complet de la famille : il n'y en a pas de dixième qui surveillerait par exemple la distance entre la station et le site d'affectation. Voir les règles de détection.
Que faire d'un signalement
- Vérifier la donnée d'abord. Une erreur de saisie explique la majorité des cas — un volume mal tapé, un plein partiel non coché. Voir saisir un plein de carburant.
- Croiser avec le terrain. Les trajets, les affectations, le code postal de la station.
- Parler à la personne avant de conclure. Un plein fait pour un collègue, un véhicule de prêt, un jerrican de tondeuse : les explications existent.
- Fermer avec une note, quelle que soit la conclusion. C'est elle qui vaudra si le cas revient.
Si le motif est avéré, la suite relève du droit du travail et non du logiciel — et la trace horodatée que vous avez constituée est précisément ce qui permet d'en discuter sereinement.
Questions fréquentes
Faut-il annoncer ces contrôles aux conducteurs ?
Oui, et c'est aussi la mesure la plus dissuasive. Un contrôle connu évite ; un contrôle caché constate. Il relève par ailleurs de l'information due aux salariés.
Un plafond gêne-t-il les grands rouleurs ?
Réglez-le par usage, pas uniformément. Un commercial itinérant et un véhicule d'atelier n'ont pas les mêmes besoins.
Et les recharges électriques ?
Autre écran, et autre logique : un pass de recharge n'a pas de plafond, et aucune règle de détection ne le surveille. Le contrôle passe par son affectation au véhicule. Voir gérer les pass de recharge.
Que coûte vraiment une carte mal réglée ?
C'est ce que le rapport Résumé sur le carburant permet d'estimer, en comparant le coût au kilomètre de véhicules comparables.
Par où commencer sur un parc repris ?
Par la liste des cartes, colonne Limite : une colonne vide en face d'un statut actif, c'est une carte sans plafond. C'est le quart d'heure le plus rentable de la semaine.
Pour aller plus loin
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