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Amortissement d'un véhicule de société : plafonds 2026 selon le CO2

13 min de lecture

Pour une voiture de société, l'amortissement n'est déductible que jusqu'à un plafond fixé selon ses émissions de CO2 : 30 000 €, 20 300 €, 18 300 € ou 9 900 € pour un véhicule acquis en 2026. La part au-delà est réintégrée au résultat fiscal. Les utilitaires ne sont pas concernés par ce plafond.

Ce guide s'adresse aux directeurs financiers, aux dirigeants de PME et aux gestionnaires de flotte. Il reprend la règle exacte de l'article 39 du code général des impôts, en vigueur depuis le 21 février 2026. Il traite aussi des cas qui posent le plus de questions : voiture électrique, location longue durée, utilitaires et suramortissement des véhicules lourds.

Les exemples chiffrés sont fictifs. Ils illustrent la méthode de calcul. Pour votre situation, vérifiez avec votre expert-comptable.

Qu'est-ce que le plafond d'amortissement d'un véhicule de société ?

En comptabilité, vous amortissez le véhicule sur son prix complet. En fiscalité, la loi limite la part déductible pour les véhicules de tourisme. L'article 39, 4 du code général des impôts exclut des charges déductibles l'amortissement correspondant à la fraction du prix qui dépasse un plafond.

Concrètement, la dotation reste dans vos comptes. Vous réintégrez simplement, sur la déclaration de résultat, la part qui dépasse le plafond. Cette réintégration se fait chaque année, tant que le véhicule est amorti.

  • Le prix retenu est le prix TTC, équipements et accessoires compris. Les accessoires qui fonctionnent de façon autonome en sont exclus (BOFiP BOI-BIC-AMT-20-40-50, § 130).
  • Les entreprises concernées sont celles imposées à l'impôt sur les sociétés, ou à l'impôt sur le revenu au régime réel en BIC, BNC ou bénéfices agricoles (§ 40).
  • La part non déductible n'est pas perdue pour le calcul de la plus-value. L'article 39, 4 précise qu'elle reste prise en compte lors de la revente du véhicule.

Certaines entreprises échappent au plafond, parce que le véhicule est nécessaire à leur objet même. L'administration cite les entreprises de transport de personnes, comme les taxis et les ambulanciers, les auto-écoles et les loueurs de véhicules (§ 50).

Quels sont les plafonds d'amortissement en 2026 selon les émissions de CO2 ?

Le plafond dépend du taux d'émission de CO2 du véhicule. Pour un véhicule dont les émissions sont mesurées selon la méthode WLTP, l'article 39, 4 du CGI fixe quatre niveaux. Les seuils sont les mêmes pour tout véhicule acquis depuis le 1er janvier 2021, donc pour un achat en 2026.

Émissions de CO2 (méthode WLTP)Plafond de prix déductible
Moins de 20 g/km30 000 €
De 20 g/km à moins de 50 g/km20 300 €
De 50 g/km à 160 g/km18 300 €
Plus de 160 g/km9 900 €

Pour les véhicules qui ne relèvent pas de la méthode WLTP, le même article prévoit d'autres bornes. Pour un véhicule acquis depuis 2021, le plafond est de 30 000 € sous 20 g/km, de 20 300 € de 20 à moins de 60 g/km, de 18 300 € jusqu'à 130 g/km et de 9 900 € au-delà.

Où lire le taux de CO2 ? Sur le certificat d'immatriculation, rubrique V.7. À défaut, sur la documentation technique du constructeur. Ce taux est celui du modèle neuf : il ne change pas pendant la vie du véhicule (BOFiP, § 90 et § 100).

Le choix de la motorisation pèse donc directement sur le coût fiscal. Pour la même voiture à 40 000 € TTC, le prix déductible passe de 30 000 € en électrique à 9 900 € au-delà de 160 g/km. Le malus écologique, payé à l'immatriculation, suit la même logique.

Comment calculer la part d'amortissement à réintégrer ?

La formule de l'administration s'applique à chaque dotation annuelle (BOFiP, § 120) :

Réintégration = dotation de l'exercice × (prix TTC − plafond) ÷ prix TTC

L'exemple officiel (§ 150) retient un véhicule de 25 000 € TTC, un plafond de 18 300 € et une dotation de 5 000 € par an. La réintégration annuelle est de 5 000 × 6 700 ÷ 25 000, soit 1 340 €.

Voici trois cas fictifs pour un achat en 2026, amortis sur cinq ans de façon linéaire :

Véhicule (prix TTC)CO2 WLTPPlafondDotation annuelleRéintégration annuelleTotal réintégré sur 5 ans
Électrique, 45 000 €0 g/km30 000 €9 000 €3 000 €15 000 €
Thermique, 40 000 €140 g/km18 300 €8 000 €4 340 €21 700 €
Thermique, 40 000 €170 g/km9 900 €8 000 €6 020 €30 100 €

Sur la durée totale, le montant réintégré est toujours égal au prix TTC moins le plafond. Le plafond fixe donc la base fiscale du véhicule, quelle que soit la durée d'amortissement.

Sur quelle durée amortir ? Le texte n'impose pas de durée pour ces véhicules. Les exemples de l'administration retiennent quatre ou cinq ans (§ 150, § 160 et § 300). La durée retenue doit correspondre à l'usage réel du véhicule dans votre entreprise.

Que change un véhicule électrique ?

Un véhicule 100 % électrique n'émet pas de CO2 à l'usage. Il relève donc de la tranche « moins de 20 g/km » et du plafond le plus élevé : 30 000 €.

La batterie bénéficie d'une règle à part. Les accumulateurs d'un véhicule électrique ne sont pas pris en compte pour le plafond, à condition d'être facturés séparément ou mentionnés distinctement lors de l'achat (BOFiP, § 35). Dans ce cas, seul le prix du véhicule hors batterie est plafonné. La même règle s'applique aux équipements GPL ou GNV.

  • Demandez une facture qui distingue la batterie quand le vendeur le permet.
  • En location, la règle vaut aussi pour la batterie louée à part (§ 240).
  • Côté taxes annuelles, les véhicules électriques sont aussi favorisés : voir notre article sur la taxe sur les véhicules de société.

Le plafond plus élevé ne suffit pas à juger un passage à l'électrique. Il faut aussi regarder l'énergie, l'entretien et la recharge. Notre méthode pour électrifier une flotte d'entreprise détaille ces étapes.

Comment traiter les loyers d'une LLD ou d'un crédit-bail ?

Louer un véhicule ne permet pas d'échapper au plafond. L'article 39, 4, 2° du CGI exclut des charges la part du loyer qui correspond à l'amortissement du bailleur au-delà du plafond. Cette règle vise la location longue durée, la location avec option d'achat et le crédit-bail.

Une seule exception : les locations de courte durée, de trois mois au plus et non renouvelables.

Le calcul se fait à partir de l'amortissement du bailleur (BOFiP, § 280). La part non déductible est égale à l'annuité du bailleur multipliée par (prix TTC − plafond) ÷ prix TTC, puis majorée de la TVA. La date d'acquisition à retenir est celle du bailleur.

  • Le loueur doit indiquer ce montant. La part annuelle non déductible doit figurer de façon explicite dans le contrat de location (§ 290).
  • Vous la proratisez selon la durée pendant laquelle vous avez disposé du véhicule dans l'exercice.
  • Exemple officiel (§ 300) : un véhicule de 30 000 € TTC, plafond de 18 300 €, amorti sur cinq ans par le bailleur. La part non déductible est de 1 950 € hors taxe, soit 2 340 € par an après majoration de la TVA.

En pratique, relevez ce montant dans chaque contrat à sa signature et notez-le sur la fiche du véhicule. À la clôture, vous évitez une recherche contrat par contrat. Notre guide sur la location longue durée et le renouvellement détaille les autres points à suivre, et la définition de la location longue durée rappelle le principe du contrat.

Les véhicules utilitaires sont-ils concernés par le plafond ?

Non, en règle générale. Le plafond ne vise que les véhicules de tourisme au sens de l'article L. 421-2 du code des impositions sur les biens et services. C'est la même définition que pour les taxes annuelles sur les véhicules.

D'après la fiche officielle des taxes sur les véhicules de tourisme (F22203), cette catégorie comprend :

  • les voitures particulières (catégorie M1), qui transportent des personnes avec 8 places assises au plus ;
  • parmi les véhicules N1 de moins de 3,5 tonnes : les camionnettes d'au moins 3 rangs de places assises, les pick-up d'au moins 5 places et les camions hors route d'au moins 5 places.

Une camionnette classique, un fourgon ou un camion n'entrent donc pas dans le plafond. Leur amortissement suit les règles générales. Vérifiez la carrosserie et le nombre de places sur la carte grise avant de classer un véhicule : un utilitaire aménagé pour transporter des personnes peut basculer dans la catégorie tourisme.

Qu'est-ce que le suramortissement des véhicules lourds peu émetteurs ?

Le suramortissement est une déduction supplémentaire, en plus de l'amortissement normal. L'article 39 decies A du CGI le réserve aux véhicules neufs d'un poids total autorisé en charge d'au moins 2,6 tonnes, qui utilisent des énergies peu émettrices. Le poids se lit à la rubrique F.2 de la carte grise.

Pour un véhicule neuf, deux régimes coexistent depuis le 1er janvier 2025 (BOFiP BOI-BIC-BASE-100-20, version du 30 juillet 2025) :

RégimeÉnergiesAcquisitions2,6 à moins de 3,5 t3,5 à 16 tPlus de 16 tBase
Véhicules propresGaz naturel, biométhane, ED95, dual fuel type 1A, B100Jusqu'au 31/12/203020 %60 %40 %Valeur d'origine hors frais financiers
Véhicules à émission nulleÉlectricité, hydrogèneDu 01/01/2025 au 31/12/203040 %115 %75 %Surcoût par rapport à un véhicule équivalent à une autre énergie

Pour le régime à émission nulle, le surcoût se justifie par la facture du véhicule et par un devis ou une facture pro forma d'un véhicule de même catégorie (§ 130 et § 140). La déduction se répartit de façon linéaire sur la durée normale d'utilisation du véhicule (§ 190).

Exemple fictif. Un utilitaire électrique neuf de 3,5 tonnes coûte 70 000 € HT. Son équivalent diesel coûte 40 000 € HT. Le surcoût est de 30 000 €. La déduction est de 115 %, soit 34 500 €, étalée sur sa durée d'utilisation, en plus de l'amortissement normal.

  • En crédit-bail ou en location avec option d'achat, c'est le locataire qui pratique la déduction, pas le bailleur (§ 10).
  • Le rétrofit, c'est-à-dire la transformation d'un véhicule thermique en électrique ou à hydrogène, ouvre aussi droit à la déduction, aux taux de 20 %, 60 % et 40 %, sur le coût de la transformation (§ 80, § 90 et § 180).
  • Le régime des véhicules propres relève du plafond européen des aides de minimis (§ 210 et suivants).
  • Ce dispositif change souvent d'une loi de finances à l'autre. Vérifiez la version en vigueur à la date de votre commande.

Pour les flottes de camions et de porteurs, voir aussi notre page dédiée aux gestionnaires de parc poids lourds et la définition du poids lourd.

Comment l'amortissement s'articule-t-il avec les autres coûts d'un véhicule ?

L'amortissement fiscal n'est qu'une ligne du coût complet d'un véhicule. Pour comparer achat et location, il faut le replacer dans le coût total de possession : financement, énergie, entretien, assurance et taxes. Notre méthode de calcul du TCO d'une flotte automobile détaille chaque poste.

  • Les taxes annuelles sur les véhicules de tourisme ne sont pas déductibles du résultat imposable (article 39, 1-4° du CGI, rappelé par la notice officielle n° 2857-FC). Le simulateur de taxes les chiffre par véhicule.
  • L'avantage en nature d'un véhicule de fonction se calcule à part, sur le coût d'achat au forfait (15 % par an) ou sur le coût global annuel en location (50 %), selon l'arrêté du 25 février 2025. Voir notre article sur l'avantage en nature véhicule.
  • Le choix achat ou location se compare avec le calculateur TCO gratuit, qui met côte à côte achat comptant, LLD, LOA et crédit-bail.

Pour la direction financière, l'enjeu est de disposer d'un coût par véhicule fiable à la clôture. Notre page dédiée aux directeurs financiers présente ce que le logiciel leur apporte.

Comment Dadycar vous aide

Dadycar ne remplace pas votre expert-comptable : le calcul fiscal de la réintégration reste de son ressort. Le logiciel lui fournit en revanche des données propres, véhicule par véhicule.

  • Fiche véhicule complète : taux de CO2, dates d'entrée et de sortie du parc, et pour les véhicules loués la date de fin, la mensualité, les mois restants, le kilométrage contractuel et la loi de roulage. Voir le suivi du cycle de vie des véhicules.
  • Dépenses rattachées au véhicule : chaque frais porte son type, son fournisseur, sa TVA et sa facture. Le TCO moyen par véhicule se calcule au réel et se compare à votre cible. Voir le suivi des coûts de flotte.
  • Exports et rapport d'avantages en nature pour la comptabilité et la paie.

La gestion de flotte est incluse dans l'offre Flotte, à 6 € HT par véhicule et par mois, avec un essai gratuit de 15 jours ; 16 € HT avec la télématique. Les données sont hébergées en France, chez OVHcloud. Demandez une démo ou consultez les tarifs.

Questions fréquentes

Quel est le plafond d'amortissement d'une voiture électrique en 2026 ?

30 000 €, car ses émissions de CO2 sont inférieures à 20 g/km. Si la batterie est facturée séparément ou mentionnée à part lors de l'achat, son prix n'entre pas dans le plafond : seul le véhicule hors batterie est plafonné (BOFiP, § 35).

Le plafond s'applique-t-il au prix HT ou TTC ?

Au prix TTC. Il comprend les équipements et accessoires, livrés avec le véhicule ou à part. Les accessoires qui fonctionnent de façon autonome en sont exclus (BOFiP, § 130).

Une voiture de société en LLD est-elle concernée ?

Oui. La part du loyer qui correspond à l'amortissement du bailleur au-delà du plafond n'est pas déductible. Le loueur doit l'indiquer dans le contrat. Seules les locations de trois mois au plus, non renouvelables, y échappent (article 39, 4, 2° du CGI).

Les véhicules utilitaires sont-ils soumis au plafond d'amortissement ?

Non, sauf s'ils entrent dans la catégorie des véhicules de tourisme. C'est le cas des camionnettes N1 d'au moins 3 rangs de places, des pick-up d'au moins 5 places et des camions hors route d'au moins 5 places (fiche F22203).

Le suramortissement existe-t-il encore en 2026 ?

Oui, pour les véhicules neufs d'au moins 2,6 tonnes de PTAC acquis jusqu'au 31 décembre 2030. Les taux vont de 20 % à 60 % pour le gaz, l'ED95 ou le B100, et de 40 % à 115 % du surcoût pour l'électrique et l'hydrogène (BOFiP BOI-BIC-BASE-100-20).

Que devient la part non déductible à la revente du véhicule ?

Elle reste prise en compte pour calculer la plus-value ou la moins-value de cession. L'article 39, 4 du CGI le prévoit expressément. Votre expert-comptable l'intègre au calcul lors de la sortie du véhicule.

Sources

Article rédigé par Amine Yahia Cherif, CEO de Dadycar. Informations générales, à jour au 7 novembre 2026 : elles ne remplacent pas l'avis de votre expert-comptable.

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